Tranquilles coeurs – 4 juin 2026, 20h

Après la dévastation de la guerre de Trente Ans (1618-1648), les cours allemandes en reconstruction prennent pour modèle de raffinement et de pouvoir la cour de Louis XIV. Cet attrait pour la culture française se manifeste par l’embauche de nombreux musiciens et maîtres à danser venus de France. La danse à la française, avec ses ballets somptueux et ses codes rigoureux, occupe un rôle central dans la vie de cour et imprègne à son tour l’écriture et le jeu instrumental des musiciens allemands. Des compositeurs tels que Johann Fischer écrivent ainsi de nombreuses ouvertures et suites de danses à la française, en prenant la musique de Jean-Baptiste Lully, surintendant de la musique de Louis XIV, comme modèle absolu.

L’engouement est tel que les œuvres scéniques de Lully sont largement jouées et copiées dans l’Empire, et font l’objet de transcriptions pour la viole de gambe et pour le clavier. Cet engouement et cette transmission du style français dans la musique de clavier s’étendait également à la musique d’orgue, comme en témoignent les nombreuses copies allemandes de pièces de compositeurs tels que Jacques Boyvin.

L’intérêt des musiciens germaniques pour le style français ne se limite cependant pas à la musique pour le théâtre ou pour la chambre : des œuvres sacrées françaises, telles que les motets d’André Campra, figurent dans de nombreuses bibliothèques de cour allemandes et furent sans doute exécutées, notamment à la chapelle catholique de la cour de Dresde.

A la chambre, au théâtre, à l’église, le style français imprègne donc tous les domaines musicaux en Allemagne. C’est cette interaction, parfois mêlée au Stylus fantasticus de l’Allemagne du Nord, qui nous a fascinées.

Jean-Baptiste Lully (1632-1687)

Triomphe de l’amour, ballet royal mis en musique (1681)

  • Tranquilles coeurs transcription anonyme en tablature de viole

Georg Böhm (1661-1733)

Herr Jesu Christ, dich zu uns wend (arrangement pour violon, viole et basse continue)

Jacques Boyvin (≈1649-1706)

Second Livre d’Orgue (1700) arrangement pour violon, viole et basse continue

  • Récit tendre

André Campra (1660-1744)

Motets à voix seule & deux dessus de violons, Livre Second (1699)

  • « Ecce Quam bonum »

Jean-Baptiste Lully

Armide, tragédie mise en musique (1686)

  • Entrée de la Gloire et de la Sagesse (transcription anonyme pour le clavecin)

Anonyme

Sonate

  • Suite 
  • Allemande 
  • Courant 
  • Ballet 
  • Sarabande 
  • Gigue

Jean-Baptiste Lully

Psyché, tragédie mise en musique (1671)

  • “Chacun est obligé d’aimer à son tour”

Triomphe de l’amour, ballet royal mis en musique (1681)

  • Entrée d’Apollon  – Transcription anonyme en tablature de viole

Johann Fischer (1646-1716)

Suite en sol mineur extraite de la Tafelmusik

  • Angloisse 
  • Gigue 
  • Menuet I & II 
  • Ballet

Jean-Baptiste Lully

Armide, tragédie mise en musique (1686)

  • Sourdines d’Armide – Transcription anonyme pour le clavecin

Grand Divertissement Royal de Versailles (1668)

  • Plainte de Cloris

Johann Philipp Krieger (1649-1725)

Cantate “Surgite cum gaudio”

Ensemble Théodora

Mariamielle Lamagat soprano

 Louise Ayrton violon

Alice Trocellier viole de gambe 

Lucie Chabard clavecin et orgue

photo : Hubert Caldaguès

Ensemble Théodora

Décrit comme « un des ensembles les plus prometteurs de la jeune scène baroque française » (Resmusica, août 2025), THÉODORA est un collectif de musique ancienne formé à la Royal Academy of Music de Londres, qui se réunit d’abord autour d’un amour partagé pour la musique française. Cristallisé autour d’un quatuor féminin, l’ensemble explore les liens entre nations européennes à l’époque baroque, avec une attention particulière portée aux compositeurs expatriés. Cette approche prend tout son sens au regard de son propre parcours : quatre Françaises vivant en Angleterre, touchées par l’expérience du déplacement et la richesse de rencontres interculturelles.

Aujourd’hui basé à Paris, l’ensemble est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2023, ainsi qu’à la Banque de France.

Depuis sa création, l’ensemble s’est illustré dans plusieurs rendez-vous majeurs de la scène musicale européenne : Festival Radio France de Montpellier, MA Brugge, Festival de La Chaise-Dieu, Oude Muziek Utrecht, Festival de Sablé-sur-Sarthe, Brighton Early Music Festival, La Folia, London Handel Festival. 

L’ensemble enregistre pour le label Alpha Classics, chez lequel un premier album paraît en février 2026. L’année 2026 verra également l’ensemble revenir vers sa passion initiale du répertoire français, à l’occasion d’un projet autour de Jean-Philippe Rameau en partenariat avec la Fondation Royaumont et les Saisons Baroques du Jura.

Engagé dans la médiation culturelle, THÉODORA collabore avec l’Université Paris Cité, organisant des concerts pour étudiants pendant leur pause déjeuner, afin de rendre la musique baroque accessible au plus grand nombre.

Mariamielle Lamagat soprano

 Louise Ayrton violon

Alice Trocellier viole de gambe 

Lucie Chabard clavecin et orgue

photo : Hubert Caldaguès / Alpha Classics